Que ces mots, que ces pensées. Toujours les mêmes. Lasse.
Changer de disque. Changer de vie? Laquelle choisir...
* * ** * *
Juliette ne pensait plus qu'à ça. Depuis qu'elle était là.
"Il y a une trace de Chaussure sur mon plafond."
Juliette se comprenait, ne comprenait rien d'autre. Elle ne savait plus ce qui était bon ou mauvais pour elle. Elle ne savait plus si elle devait vraiment les laisser.
Baluchon en main, elle descendit les escaliers.
Elle attendit sur le palier de la porte, comme pour qu'on la retienne...
De toute façon, il n'y avait plus personne.
Elle monta dans la voiture, n'avait pas d'essence. Elle alluma le contact, et démarra son voyage onirique...
* * ** * *
"Il est déjà 3h du matin. Il fait si froid. Si sombre ici."
Oui, Juliette roulait depuis déjà plus de 6 heures, sur cette boucle. Route de campagne.
La route était bondée: des cailloux, carcasses d'animaux, reflets d'étoiles.
"Une cigarette."
Elle s'amusait à créer un aquarium dans sa petite voiture. Elle n'avait rien d'autre à faire, de toute façon.
Parfois, elle voyait ces filles au bord de la route. Elle fermait les yeux.
Elle ne voulait pas les entendre, elle ne voulait pas percevoir cette absence.
* * ** * *
5h du matin. Juliette était arrivée.
"A nous deux".
Elle sortit une bouteille de Jack Daniel's, la même que celle qui avait symbolisé ses 19 ans. En quelque sorte. Ce soir Jack Daniel's était vert. De la chartreuse.
Elle trinqua à son triomphe, et ne sortit de la voiture que lorsque ses pensées s'étouffèrent à l'aquarium nuageux symbolique de la fumée.
"Tu aimais aussi la fumée. Je suis vraiment désolée pour toi. Tu savais qu'il n'y avait pas de place pour deux, ici."
Elle se dirigea vers le coffre, mis la clef dans la serrure, et attendit quelques instants.
"C'est bon, tu t'es calmée".
Soudain, elle sentit un choc électrique provenant de la serrure du coffre.
Elle recula, la main prise de spasmes.
Blanc.
Son cri strident.
"Arrêtes ! C'est héroique de ta part, mais PERSONNE ne t'endendras ici. Personne.
Tu ne peux pas transpercer la fumée de nos pensées."
Alors, le cri s'arrêta.
* * ** * *
Juliette se dirigea de nouveau vers le coffre. En tendant sa main pour tourner la serrure, elle se rendit compte des lignes qui se dessinaient sur son poignet.
Du sang. Encore une ligne. Encore du sang.
"Tu te fais plus de mal qu'à moi. Tu sais que tu es trop faible. Profite plutôt de tes derniers instants. Je t'ai ammenée à ton endroit préféré."
C'était la fôret de Shakespeare, en Anglettere. A l'endroit même où elle avait pris la photo de l'arbre, beau, grand, seul éclairé par les rayons du soleil.
" Tu vas voir."
Juliette ouvrit le coffre.
Ses yeux lui montrèrent l'arbre.
Elles étaient de nouveau réunies, en une seule, pour la dernière fois.
Des larmes perlaient à présent sur ses joues. Juliette les laissa couler, sourire aux lèvres, presque attendrie.
"Tu vois, c'est beau. Ne sois pas triste. Reconnais que je te laisse cette dernière faveur. Viens."
* * ** * *
Non sans mal, Juliette arriva au pied de l'arbre. Elle se débattait.
"Arrêtes de te débattre. Où voudrais tu aller? Tu n'as nulle part où aller, tu le sais. Tu n'as plus personne.
Tu m'avais moi, mais nous sommes trop différentes. Je me charge de tout. Je me suis chargée de t'éloigner d'elles, d'eux, de tout. Laisses moi terminer ma tâche."
Juliette jouissait déjà de sa future liberté.
Juliette n'était pas bonne...
Son rire se mêla aux cris stridents de sa compagne. Juliette riait trop fort pour que les cris ne l'empêchent de terminer sa tâche.
3 minutes.
S'en était terminé.
Elle déposa une petite croix de bois, faite de deux branches et nouée d'une herbe, sur le sol.
"La même que celle que tu avais crée pour m'enterrer, il y a 5 années de cela."
* * ** * *
16 heures de l'après midi.
Juliette, toujours devant chez elle, éteignit le contact de sa petite voiture.
L'odeur de la cigarette lui piquait encore les narines. Ses yeux en étaient restés rouges. Elle regarda le tableau de bord, prit dans sa main la lame de rasoir encore vernie de son sang, et la rangea dans sa poche. Elle sortit, sourire aux lèvres.
S'en était enfin terminé.
Ses yeux couleur ambre reflétaient une quiétude sauvage.
Juliette n'était pas la bonne...
ZombitchPS: texte difficile à comprendre. Peu de personnes peuvent en atteindre la clef. Désolé =D
PS²: en italique, c'est le dialogue, uniquement parlé par Juliette. On ne sait jamais...