L'attente est longue, mon désir augmente...
Pouvoir toucher ses lèvres...
Elle semble aimer me faire languir, me regardant avant de refermer le paquet.
Je suis seule à présent, dans cette poche maternelle devenue trop grande pour moi.
Je sais que je serais sa préférée...La dernière de la journée, celle dont elle retarde l'arrivée, mais dont elle profite de chaque bouffées jusqu'au lendemain. Cette pensée me fait bouillir, j'attend avec impatience
le moment où...
Je commençais à désespérer, croyant qu'elle m'avait oublié, lorsque soudain un large faisceau de lumière entra dans mon enclos, laissant à ma vu ses yeux qui présageaient un moment intense.
Elle me prit du bout de ses ongles fin.
La danse allait pouvoir commencer...
Je remarquais qu'elle appréciait regarder la fumée qui s'échappait de ma tête, cette volupté, les formes qu'elle pouvait faire en fonction du vent... Les formes que ma partenaire pouvait créer lorsqu'elle jouait avec sa bouche...
Il lui arrivait aussi de me regarder simplement me consumer, silencieuse, interdite. Elle observait ma mort lente, sans mot dire. Je savais qu'elle pensait que ma mort ne représentait que la sienne, à une échelle différente.
Et, à la fin, une dernière bouffée de sa part, celle de la séparation, comme si c'était son dernier souffle.
Elle me déposa délicatement sur mon lieu définitif, comme elle se reposera à l'avenir sur le sol.
(Où plutôt dans le sol).
En réfléchissant, il y a tellement de similitudes avec l'Homme, jusque dans la mort, jusque dans leurs choix de mort. Ils pourraient laisser leurs corps se décomposer petit à petit comme mon mégot se décomposera sur le sol. Ou bien choisir de laisser leurs cendres à la terre, comme elle laissa les cendres de mon être aller au gré du vent...
Zombie.




